Salut les Damiers 💙🤍 !
Saga des internationaux du CAB : Jacques CHABAN-DELMAS (1 sélection)
À ce poste d’ailier gauche, j’aurais pu vous parler de Patrice LAGISQUET, le félin du Bassin, ou de William TECHOUEYRES, la fine lame d’Arguin. Mais le premier eut une belle carrière internationale (46 capes) qu’après deux saisons à Bègles (dont une en Juniors), et le second ne revêtit la tunique tricolore (3 sélections), qu’une fois migré au SBUC, pendant le tournoi 1994 puis durant la Coupe du Monde 1995, en Afrique du Sud, où il joua les coiffeurs… L’histoire de CHABAN (carte d’international n°355) est un peu celle de l’évolution du C.A. Béglais…
En 1944, il est, à 29 ans, le plus jeune général de l’armée française depuis le Premier Empire. Doté de talents multiples, Jacques CHABAN-DELMAS fut un rugbyman fin et intelligent. Il se vantait de courir les cent mètres en onze secondes. On disait qu’il savait se défaire du ballon avant d’être plaqué. Il affectionnait le coup de pied de recentrage (ndlr : déjà !), très utilisé en ces temps héroïques. À ses débuts, il portait régulièrement le béret, très à la mode… Hélas, il n’y a pas de photo de cette époque !
Le célèbre trois-quarts aile du C.A.S.G, puis du C.A. Béglais, honora sa seule et unique sélection, à Richemond (sur le pré du futur Twickenham) en 1945 contre l’équipe de l’Empire Britannique (06-27). C’était le premier déplacement du XV de France après la Libération. Les Bayonnais André ALVAREZ (le père d’Aline et Peyo) et Jean DAUGER, Jean PRAT (« Mr. Rugby ») et Robert SORO (« le Lion de Swansea ») accompagnaient le « Général » en Angleterre. Bien évidemment, Bambi MOGA et son frère André étaient de la partie… Des célèbres dirigeants étaient également du voyage : Adolphe JAURÉGUY et René CRABOS. Bien évidemment, Bambi MOGA et son frère André étaient de la partie…
On connaît la grande amitié qui le lia à la famille MOGA, ses frères des Capucins, notamment pendant l’Occupation et au sein de la Résistance. On le sait aujourd’hui, il continua à jouer au C.A. Béglais en étant déjà député-maire de Bordeaux. À cette époque, le C.A. Béglais pouvait se targuer d’avoir deux ailiers qui couraient les cent mètres en onze secondes : CHABAN et LACAUSSADE. Les autres compères de rugby étaient les frères MOGA, bien sûr, mais aussi HÉRICE, MARRENS, et autre GENESTE… Même s’il a participé à l’épopée menant au premier titre national de son club en 1949, il s’est délibérément retiré du parcours final qui se déroulait à… Bordeaux. Bouquet final, c’est Chaban qui remet le trophée à son copain, « Pierrot » MARRENS.
Il restera toujours fidèle à cette fraternité de vestiaires, toujours fidèle à ses racines à damiers. Il accompagnera le « Grand » dans sa volonté de faire grandir le club, dans l’évolution de son acronyme (CAB – CABB – CABBG)… Décédé en novembre 2000, CHABAN ne connaitra pas le passage vers l’UBB et les exploits de son équipe dans le stade Lescure qui porte désormais son nom.
On prétend qu’il adorait les coups de pied de recentrage, caractéristique que l’on retrouva tout au long de sa carrière politique… Cela étant, il a délaissé petit à petit le rugby pour se consacrer au tennis, puis au golf : plus « smart » ! Il opta pour un parcours politique tant à Bordeaux qu’à Paris. Toujours fringant, il montait quatre à quatre les marches de Matignon, pour finir au perchoir de l’Assemblée Nationale. La politique politicienne a tué ses ambitions de sa « nouvelle société », jugée trop à … gauche : le comble pour un ailier gauche !
JYB /K’nar 💙🤍 (le 02 septembre 2022)